dimanche 16 septembre 2012

Côte Pacifique : Guachalito du 4 au 9 aout 2012

De l’autre côté de la baie se trouve le lieu-dit ‘Guachalito’. Une succession de plages de sable noir, au pied de collines envahies par la forêt tropicale, desquelles coulent des rivières, formant cascades, vasques. Une végétation luxuriante, où poussent par centaines orchidées, hibiscus, héliconias, les cocotiers bordent la plage, offrant à boire et de quoi préparer du lait de coco… Description qui pourrait correspondre à la plage paradisiaque dont tout le monde rêve !

 
Par contre le coin est assez touristique, qui plus est ce qu’ils appellent de l’éco-tourisme, plutôt ‘friqué’ ! C'est-à-dire que sur une dizaine de kilomètres ont été construits une dizaine de ‘lodges’ dont certains sont superbes et magnifiquement intégrés dans le paysage. Tous appartiennent à des ‘païsas’, habitants de Medellin, réputés intraitables en affaires, qui sont les seuls à avoir investis sur la côte et détiennent toutes les maisons et hôtels dignes de ce nom !
Les clients arrivent en avion depuis Medellin, certains hôtels allant jusqu’à affréter des vols pour leurs hôtes ! J’ai d’ailleurs croisé un français dont l’avion a fait 2 tentatives infructueuses d’approche de la côte à cause de la pluie, qui tombe assez drue dans le coin, obligé de revenir à Medellin à 1h de vol, y dormir. La troisième fût la bonne !
Certains facturent 150 euros la nuit/personne, le prix minimum est d'une bonne quarantaine d’euros (avec la nourriture). Mais je me trouve une petite case tenue par un jeune couple, Yéyo et Angela, qui me laissent planter ma tente sous leur toit pour 20 fois moins cher, et on trouve un compromis en échange d’un coup de main.
En plus de cela, Angela cuisine très bien et sainement : des ‘ceviches’=poisson cru, cuit dans du jus de citron, du poisson cuit au feu de bois, fumé ou à la plancha, riz au sésame… Ca change des bananes plantain et du poisson frit !
La cuisine avec Yéyo et Angela sur la droite
La case de Yéyo et Angela
En fait Yéyo est un fou de surf et quand il a su que je pratiquais ce sport, il m’a accueilli à bras ouvert ! Par contre ce que je craignais se confirme : le surf dans la région est affreusement compliqué et onéreux ! J’avais vu des photos de vagues extraordinaires, mais celles-ci sont dans un coin complètement isolé. 1h de bateau pour y parvenir et la sortie est facturée entre 130 et 250 euros pour le bateau ! En plus de cela, les prévisions sont très mauvaises, ou alors les vagues imprévisibles et il est très difficile de savoir si les conditions vont être réunies pour une belle session. Ce qui veut dire que vous pouvez faire le déplacement, 1h de bateau, payer 250 euros, sans être sûr de pouvoir surfer, plutôt risqué et couteux de pratiquer ce sport dans le coin ! Je vais garder mon argent, sachant qu’une sortie vaut le prix d’une planche !

4 jours plutôt tranquilles à se balader au milieu de cette végétation, nager, partager avec mes hôtes, manger du poisson (Yéyo, lors d’une sortie pêche, a ramené un marlin énorme, nous procurant de la viande pour plusieurs jours !) et me poser un peu.
Le marlin pêché par Yéyo
Un peu obligé par moment d’exploiter le hamac parce que la pluie sur la côte tombe fort et souvent ! Pour exemple, durant une matinée nous avons eu droit à 4 averses impressionnantes et autant d’apparitions du soleil ! Mais ça n’est pas très gênant sachant qu’il fait chaud et que l’on se ballade tout le temps en maillot ! Et puis j’ai un superbe parapluie me servant aussi bien pour la pluie que le soleil !
 
Le coin fait d’ailleurs un peu penser à la Bretagne : les marées sont assez importantes, découvrant d’immenses étendues de sable parsemées de rochers, ainsi que la pluie. Heureusement que les cocotiers nous rappelent où nous sommes !
Paysage breton?
L’électricité n’arrive pas jusqu’ici, tous les complexes ont un groupe électrogène qu’ils font tourner quelques heures par jour, pas de signal de téléphone, encore moins d’internet. Ca va faire 10 jours sans connection, fait assez rare de nos jours !
 

 
 

 

vendredi 17 août 2012

Côte Pacifique : trajet en cargo et village d’Arusi, du 30 juillet au 4 aout 2012.

Voyage en cargo depuis Buenaventura à Arusi-Nuqui
 
Enfin embarqué sur ce fameux ‘Artemisa’ qui devait partir à l’origine à 16h, j’y embarque à 19h et ils mettent les gaz à plus de minuit (obligés d’attendre la marée haute pour sortir de leur bras de rivière où ils sont ‘tanqués’).

La sortie de la baie est assez solennelle, tous les passagers sur le pont en silence, regardant s’éloigner la ville, la mer est d’huile… Puis chacun rejoint sa couchette pour passer une nuit plutôt chaude mais très tranquille !

Réveil sous un grand soleil qui ne nous lâchera pas de toute la journée et une mer on ne peut plus calme ! Quelle chance parce que sous la pluie, ça aurait été l’horreur : à l’intérieur , aucun endroit où s’asseoir, espace très restreint, nous aurions été obligés de rester couchés sur nos mini lits superposés toute la journée ! Alors que là, posé au soleil, un bouquin à la main, affaires à sécher sur le pont, qui ont bien ramassé hier avec cette pluie. Ca discute avec les passagers, l’équipage…

Vue de la côte depuis une coursive bien remplie

Le bateau est assez rustique : un cargo d’une quinzaine de mètres, rongé par la rouille, mal aménagé pour transporter de la marchandise, tout est posé en vrac sur la plage arrière, sur les coursives latérales, sur le pont supérieur, dans la cabine… : caisses de bières, tonneaux d’essence, boites isothermes transportant les denrées périssables, paquets pour tous les villages de la côte… Et au dessus de tout ce bardas, ce qui doit être le radeau de survie : une espèce de barque en bois rapiécée de toutes parts… Je ne suis pas sûr que l’on remplisse les conditions de sécurité internationales, mais on est là !


Le pont arrière de l'Artemisa, chargé "à l'arrache".
 
Le poste de pilotage est aussi sommaire que le reste du bateau : une barre en bois, un gros blackos la manipulant, une radio et peut-être un appareil donnant la position GPS, mais je ne suis pas sûr ! La navigation s’effectuant à quelques dizaines de miles de la côte, ils doivent naviguer à vue !

Poste de pilotage de l'Artemisa


Couchettes du niveau inférieur
Cuisine et couchette du niveau inférieur


Ma couchette, au fond
En plus de cela, nous sommes rejoints en pleine mer par une barque de ‘pêcheurs’ sur laquelle sont transférés 3 bidons de 100L, à la main, dans des conditions assez périlleuses puisqu’il faut tenir la barque contre le bateau, jouer avec les mouvements de mer et que les bidons doivent peser plus de 100kg…, une caisse affreusement lourde contenant un moteur ainsi que d’autres marchandises. Je ne sais pas ce que c’est, mais au moment de sortir mon appareil pour photographier la scène, on me fait comprendre qu’il est déconseillé de prendre des photos, la cuisinière me faisant le signe du ‘couik’, de la décapitation. OK, je ne vais pas faire le mariole, pas envie de terminer en mer, surtout qu’il parait que c’est plein de requins tigres dans le coin !
La côte Pacifique est réputée pour être une importante zone de trafics.
 

Transferts en mer
 
Mais l’ambiance à bord est plutôt joyeuse, la journée ponctuée par les repas préparés par la cuisinière à base de poisson, riz, salade, soupe et jus, c’est Byzance !

Vue de la côte


20h plus tard, on arrive de nuit dans une baie immense, des barques viennent accoster le bateau, embarquant de la marchandise, certains passagers… Je monte dans l’une d’elle et termine chez le professeur du village d’Arusi qui me loue une piaule. Le lendemain je monterai la tente sous un toit à l’écart du village, un abri pour manger, la vue sur la mer, un bidon avec l’eau de pluie pour cuisiner et me rincer… bien calé pour les jours suivants !

4 jours à profiter de la vie tranquille du village, à rencontrer des gens et discuter avec eux : les professeurs, le curé, les militaires en faction, qui dorment dans des hamacs abrités par une bâche, doivent pas rigoler tous les jours ceux-là ! et à me remettre au sport : course à pied sur cette immense plage qui doit être plus grande que l’Almanarre, nage en eau trouble (l’eau est chargée de particules, ce qui n’est pas très agréable !).

Une visite au village voisin de Thermales où les habitants ont aménagé des bassins pour stocker une eau thermale chaude, au milieu de la forêt, plutôt sympa bien que l’eau chaude soit plus agréable quand il fait froid dehors !


Case dans le village d'Arusi

Centre d'appel de la côte. Dans les villages, il n'y a souvent qu'un endroit où ils reçoivent du signal pour leurs téléphones

Plage d'Arusi

Coucher de soleil à Arusi

Pêcheurs du Pacifique. Ils vont sur des barques en bois et rament debout
 Au large du village croisent des bateaux de pêche à la crevette. J'apprends les conditions de pêche qui ne sont pas très écolos: dans les filets des centaines d'espèces mortes qui sont rejetées à la mer, les crevettes sont toutes acheminées vers Buenaventura, les habitants du village n'en voyant jamais la couleur...



Buenaventura, Juanchaco et Ladrilleros du 24 au 30 juillet 2012.

Arrivée sur la côte Pacifique à Buenaventura
 
Me voilà dans cette fameuse ville de Buenaventura (le nom fait rêver: "Bonne Aventure") dont j’entends parler depuis un certain temps, tout le monde me déconseillant de m’y rendre de par la dangerosité du lieu et le manque d’intérêt touristique !
Eliana, rencontrée par le biais du couch-surfing, m’accueille dans sa famille et me reçoit comme un prince ! S’étant inscrite il y a peu, je suis le premier invité et ressens l’intérêt que la famille porte aux étrangers…


La famille d'Eliana à Buenaventura
Dès le premier jour, son mari, Floyd, m’embarque au marché, où l’on achète des kilos de légumes, du poisson, des crevettes, ambiance géniale ! Ils me préparent de délicieux repas à base de poissons, me font me sentir comme à la maison, bel accueil !
Crevettes sur le marché de Buenaventura
"Toyo ahumado"=requin fumé, sur le marché de Buenaventura
Buenaventura est en effet le principal, le plus grand et quasiment l’unique port colombien. Sans grand intérêt touristique, il y fait affreusement chaud et très humide (plus de 95% d’humidité semble t’il !). Mais je suis là pour chercher un bateau vers le nord de la côte et m’attelle à la tache !
Je me retrouve à me balader au milieu d’un port miteux, on se croirait au fin fond de l’Amazonie, des blacks qui zonent partout (très sympas soit dit en passant !), de la boue, des marchandises embarquées, débarquées de cargos qui viennent du sud, du nord…
Les bateaux qui partent vers le nord, où je souhaite me rendre, sont en fait des cargos de marchandises, transportant quelques passagers et qui prennent la mer quand ils ont accumulé assez de "bordel". Or, la destination où je souhaite me rendre est peu desservie et les bateaux sortent tous les 15 jours ! Mais on m’annonce un départ 4 jours plus tard, qui se transformera en 6 jours plus tard à 16h, puis 19h, puis 23h, au final minuit ! Ca n’est pas la ponctualité de la SNCF, mais pas loin !
4 jours à zoner sur le port des cargos, prendre contact, comprendre comment ça fonctionne, qui dit vrai…
Le "penal" de Buenaventura, d'où chargent et déchargent les cargos qui parcourent la côte
Cargos du type de celui que j'ai pris
 
Et le reste du temps en ville, où il n’y a absolument rien à faire, mis à part déjeuner au marché de délicieux plats de crevettes, de calamars, de requin fumé, boire des cafés dans l’unique endroit possédant une machine, des jus de fruit et se balader sur le front de mer pas bien riant…
Mais les gens sont très sympas, aucun sentiment d’insécurité comme on a pu m’inquiéter ! Et puis profiter de pluies torrentielles, pour ça par contre, on ne m’a pas menti ! Quand ça tombe, ça tombe dur ! C’est un des endroits les plus pluvieux au monde avec 16 à 18m d’eau par an (est ce possible ?) et je suis rentré une ou deux fois à la maison trempé jusqu’au caleçon !
 
Apprenant que le bateau partait 3 jours plus tard, je me décide à aller faire un tour à Juanchaco et Ladrilleros, 2 villages de pêcheurs à 1 h de bateau de Buenaventura, la seule attraction touristique du coin.
Je me retrouve à l’embarcadère alors qu’il pleut des trombes d’eau depuis le matin, première fois que ça arrive depuis que je suis là… Gros moment de solitude, me demandant déjà ce que j’allais faire pendant 2 jours s’il pleut comme cela, et surtout pendant les 15 prochains jours sur la côte… Questionnement du voyageur solitaire ! Heureusement que je suis au milieu d’une foule de blacks, qui sont d’un naturel joyeux, les colombiens aussi, alors imaginez les afro-colombiens, ça déconne pas mal ! Et puis je pense à tous ces gens qui viennent sur la côte pour une fin de semaine, ayant préparé leur we de longs mois à l’avance, je ne peux pas me plaindre !
C’est d’ailleurs le cas du couple de colombiens avec qui j’entame une discussion, qui viennent de Tunja et ont mis 23h pour arriver ici et passer 2 jours sur la côte !!!
Au final on ne se lâchera pas du séjour, rencontrerons en plus 2 français sur le bateau, vraiment bonnards, varois qui plus est (c’est donc normal qu’ils soient sympas ! héhé) avec lesquels nous louerons une cabane chez une ‘rippy’ d’une quarantaine d’années, adorable !
Le trajet en bateau a été impressionnant, on s’est fait arroser par une pluie diluvienne, brasser dans les vagues, les passagers tirant une tronche pas possible, ma voisine venant de Cali voyait la mer pour la première fois et était terrorisée, cramponnée à ma jambe ! Résultat: trempés, nos sacs ne valent pas mieux, ainsi que tout ce qu’il y a dedans, l’horreur !

Arrivée à Juanchaco sous des trombes d'eau


Durant le reste du séjour, nous aurons eu droit à quelques belles rincées, mais aussi quelques éclaircies qui nous permettront d’effectuer une belle balade jusqu’au village de la Barra, nous baigner et profiter de cette belle plage ! Un groupe vraiment agréable, une petite soirée au rhum le premier soir, à la recherche d’un endroit où faire la fête, on débarque dans une pseudo-boite où ils allument la musique en nous voyant arriver et où les seules ‘clients’ sont les serveurs ! Bonne partie de rigolade quand même, surtout que le colombien, n’ayant aucune autre affaire, se baladait en caleçon, le paquet de clope et le ‘Blackberry’ coincés dans la ceinture !

Case du Pacifique à Ladrilleros

L'équipe devant la case d'Andrea

Gamin et le jeu du rat: un pauvre rat pendu à un fil électrique que le gamin frappe avec son bout de bois pour lui faire faire des tours...
L'équipe sur la plage de la "La Barra"


Le couple colombien devant la discothèque de la Barra

Village du Pacifique: Juanchaco

Retour à Buenaventura en catastrophe, on s’est fait coincer à l’embarcadère, étant mal renseignés sur les horaires de bateau pour revenir. J’ai bien failli rater mon cargo et être coincé à Buenaventura 15 jours de plus, ça aurait été top !
Mais me voilà à bord de ce vaillant cargo, installé dans ma couchette et prêt à affronter les 20 heures de transport jusqu’à Nuqui !