jeudi 12 avril 2012

Colombie : Valledupar du 23 au 28 mars 2012.

Le trajet pour la côte Caraïbe depuis Bogota est affreusement long. En plus de cela, ayant déjà visité San-Gil qui se trouve en chemin, pas vraiment d’endroit pour couper la route, donc obligé de prendre un bus jusqu’à Valledupar, à 4h de la côte. Trajet annoncé de 16h, ce qui fait déjà une trotte, et qui se solde par un 20h de bus, comme souvent en Colombie ! On a en fait passé 4h sur le bord de la route à cause de travaux. Ce qui est marrant c'est que tout le monde prend cela tranquillement, personne ne se plaint, ne bouge. Tout le monde reste à sa place, tranquille. En France, une telle situation provoquerait un sacré tollé !


Valledupar est une grande ville au pied de la Sierra Nevada de Santa Marta, la chaine de montagne du nord de la Colombie. Cette ville ne figure dans aucun guide, n’est pas touristique, ce qui en fait une destination plutôt tranquille ! Elle est surtout connue pour être la capitale du Vallenato, style de musique traditionelle qui a la particularité de se jouer avec un accordéon et se décline sous différentes formes, du romantique à une version hyper rapide. Toute la région vit au rythme de cette musique, les jeunes, les vieux, dans les voitures, les restaurants, les bars, les boites…

La ville ne présente pas un grand intérêt, mis à part son atmosphère tranquille, ses marchés, et quelques rivières qui arrosent les environs.
Mais l’hôtel est très sympa, une cuisine bien équipée, et surtout des gens avec lesquels ça accrochera bien : un hollandais, une américaine d’origine vénézuélienne, un couple de canadiens et un couple d’espagnols avec lesquels on aura partagé 2-3 soirées sympas.

Et une dernière journée durant laquelle je me suis fait embarquer par 2 colombiens que j’aurais réunis, très différents l’un de l’autre. Le premier rencontré pendant une soirée la veille, la vingtaine, le second, artiste de 40 ans, un peu allumé. Je me suis retrouvé dans la famille du 1er, avec ses potes, ils m’ont emmené dans un coin où tous les citadins vont passer leur fin de semaine : musique, restos, très populaire. C’est là que l’on se rend compte que nous n’avons pas la même approche du voyage et des jours de repos.
Mais journée intéressante durant laquelle j’ai vécu des situations que l’on ne vit que lorsque l’on voyage seul !

Colombie : Bogota du 15 au 21 mars 2012

Bogota étant à 3h de route de Villa de Leyva et n’ayant pas profité de l’activité d’une grande ville depuis quelques temps, on décide de retourner y passer une petite semaine.
Retour à la Candelaria, le quartier colonial et ‘toutou’ de Bogota, qui nous avait tant plu lors de notre premier passage. Lieu de la bohème bogotena, où se croisent artistes, artisans, touristes, entre les maisons coloniales, les murs couverts de graffitis et les rues pavées.
Rue de la Candelaria


Par contre c’est un quartier où se concentre une incroyable pauvreté, chose qui nous avait déjà choqués lors de notre premier passage. Quasiment une personne sur deux croisée dans la rue est d’une saleté incroyable, sûrement sans domicile, porte un sac poubelle où sont réunies ses affaires, mange directement dans les poubelles. La nuit, des corps endormis jonchent les trottoirs, on est sollicité tous les 50 mètres pour un peu d’argent, quelque chose à manger… Cette pauvreté viendrait du déplacement de nombreux paysans lié aux mouvements de guerrillas, paysans qui arrivent à Bogota sans avoir connu autre chose que leurs campagnes. L’intégration y est difficile !
C’est assez choquant de voir autant de pauvreté et cela donne assez mauvaise conscience d’y faire du tourisme.

 
6 jours durant lesquels nous nous sommes replongés dans l’activité d’une grande ville :
-visiter 2-3 musées, dont certains que nous avions déjà vus comme celui de l’or, abritant nombre de pièces d’une qualité et d’une beauté exceptionnelles ;
Pièces du musée de l'or
-La fondation Botero, célèbre peintre colombien, toujours vivant, peignant et sculptant des personnages aux formes généreuses. Le musée abrite aussi une superbe collection d’artistes du monde entier. Quel plaisir de pouvoir admirer des œuvres de Klimt, Freud, Picasso, Matisse, Pissaro, Rodin…
Sculptures de Botero



-Profiter de la gastronomie d’une grande ville avec les spécialités régionales telles que l’Ajiaco (soupe à l’épinard, maïs…), la Banda Païsa (plat à base de viandes diverses et accompagné de maïs, pomme de terre douce, banane plantain…), les pâtisseries pour lesquelles les colombiens sont assez forts (on s’est trouvés une petite boulangerie vendant de délicieux pains au chocolat, dignes d’une boulangerie française et des cafés délicieux !) et internationales : mexicain, sushis…
-Aller au cinéma, puisque ça fait un moment que nous n’avons pas vu un film sur grand écran.
-Revoir des amis dont un pote du Venezuela perdu de vue depuis 10 ans et qui travaille désormais à Bogota. Trouvant la situation dans son pays trop difficile, il a émigré vers le pays voisin.
-Profiter de l’activité de la rue, se balader dans ce beau quartier qu’est la Candelaria, boire des bons cafés dans des bistrots sympas, trouver des petits restos populaires, aller voir des quartiers plus éloignés, tels que ceux de la zone nord, un peu plus riche mais sans grand intérêt…

Bogota est vraiment une ville très agréable, avec un centre-ville aéré, ce quartier colonial de la Candelaria, des petits restaurants, de très beaux bâtiments… Par contre il y fait relativement frais (on est quand même à plus de 2600m, ce qui en fait la 3ème capitale la plus haute au monde après La Paz et Quito !) et surtout le temps n’est vraiment pas agréable : souvent couvert, beaucoup de pluie (surtout que la saison humide commence !), bref, de quoi vous mettre le moral dans les chaussettes !

Et au milieu de tout ça, Elo a décidé de rentrer en France. Besoin de revoir sa mère, ses copines, saturation du voyage… Décision assez brusque et rapide puisqu’elle achète un billet pour un départ 4 jours plus tard.
Je suis plutôt surpris et paumé, ne sachant pas trop ce que je vais pouvoir faire : continuer le voyage en solitaire ou rentrer ? Rentrer serait peut-être un peu prématuré sachant que je souhaiterais réellement terminer ce périple, aller jusqu’au bout.
En plus de cela j’ai toujours rêvé de voyager seul, cela favorise tellement les rencontres, l’échange. Et la Colombie est le pays rêvé pour cela puisque les gens sont tellement ouverts, curieux et gentils. En plus de cela on y croise beaucoup de voyageurs solitaires du monde entier, souvent là pour de longues périodes et très intéressants. Je serai rarement seul et ferai sûrement de belles rencontres, du moins je l’espère !
Je vais donc accessoirement devoir abandonner la seconde personne du pluriel et parler de moi !





Elo a donc décollé le mercredi 22 mars et bien que ne sachant pas trop quoi faire, un peu paumé, j’ai décidé de prendre un bus en direction de la côte Caraïbe au nord, que nous projetions de visiter.

samedi 24 mars 2012

Colombie : Tunja et Villa de Leyva du 11 au 15 mars 2012.

Pour repartir d'El Cocuy, obligés d'emprunter la route du sud passant par Tunja, alors que l'on voudrait continuer vers le nord du pays, un détour de 700 km, un départ à 4h30 du matin et une bonne demi-journée de bus
De Tunja, on enchaine vers le petit village de Villa de Leyva, une des grosses destinations touristiques du pays. En effet de par sa situation à 4 heures de Bogota, tous les habitants de la capitale s'y rendent les fins de semaine.
Le village est charmant, toutes les rues sont pavées, une immense place encadrée par de beaux batiments coloniaux, dominée par des montagnes...
Mais on ressent l'influence du tourisme de masse avec nombre de restaurants, de magasins de souvenirs, ce qui n'est pas vraiment notre tasse de thé. En plus de cela, on atterrit dans un hotel du Lonely Planet, rempli d'anglophones... Bon, je vais arrêter ce portrait négatif parce qu'on y aura passé des moments agréables, à se ballader dans les ruelles, boire une bière sur la place le soir, vraiment tranquille en dehors des fins de semaine, découvert une salle de billard bien populos et rencontré 2-3 personnes plutôt sympas, dont un couple de commerçants nous ayant tenu la jambe pendant des heures en nous offrant empanadas, bières... et un canadien de l'hôtel plutôt marrant...
La place du village avec son église



Ruelle sur la route de l'hotel
Une petite journée de vélo avec mon poto australien pour faire le tour des attractions touristiques de la région: des puits d'eau douce, un site pré-colombien Muisca, un fossile de baleine, et pour finir la journée, une maison en terre-cuite assez intéressante. Les travaux ont commencé il y a 12 ans, chaque morceau doit être chauffé au feu pendant une demi-journée, obligeant de monter des structures assez complexes. L'architecture est assez étrange, entre la "maison du facteur cheval" et le "jardin des tarots" de Niki de Saint-Phalle
La "casa de barro", maison en terre cuite

L'intérieur, avec les pièces d'eau en céramiques
Tournant rapidement en rond et étant à 3 heures de route de Bogota, on en profite pour y faire un tour, Elodie n'ayant pas fréquenté de ville digne de ce nom depuis des mois...